TEMOIGNAGE DE PATIENTS

dont j’ai changé les prénoms et qui ont accepté (merci encore) d’être publiés afin de transmettre un message :

1) Emmanuelle

« J’ai grandi. C’est idiot, car j’ai 36 ans…Mais c’est ce que je ressens à la fin de ma thérapie. J’ai avancé, j’ai parcouru un sacré chemin depuis mes 27 ans, depuis la mort de mon père. Ce parcours, c’est comme de passer de petite fille à femme, à adulte. Ca ne s’est fait pas du jour au lendemain, ça ne s’est pas fait seule, ça ne s’est pas fait sans rechute dans l’enfance. Encore petite fille à 27 ans ? Eh ! oui, parce que j’étais protégée, je lisais dans les yeux de mon père la confiance qu’il avait en moi, sa fierté et j’y voyais aussi toujours une petite fille. Et d’un coup, en ce mois de juin 2000, plus rien. Plus rien et surtout l’incapacité à avancer, à grandir (après tout, on ne m’avait pas montré le chemin !). Après plusieurs années de thérapie, je peux enfin dire : « Je suis sortie du « trou », j’ai grandi, je suis une adulte, une adulte qui a gardé une petite fille au fond d’elle et dont elle prend soin part ce que c’est bon de garder une part d’enfance. Ce sentiment d’avoir grandi est double. D’abord, et c’est étrange, il est physique : mes épaules sont plus relâchées, plus ouvertes, je ne me cache plus derrière mes vestes ou gilets trop larges, je mets des couleurs vives, je marche et me tiens plus droite (plus grande). Ensuite ce sentiment est moral : j’ai confiance en moi et, chose que je croyais impensable, j’arrive à dire que je suis fière de moi, fière de ce que je suis devenue, fière d’avoir remontée la pente, fière d’avancer avec toujours cette image : mon père derrière moi ou à côté de moi mais en tout cas plus devant ; c’est moi qui suis devant : je décide du chemin, j’avance. Voilà ce que suivre une psychothérapie m’a apportée : la confiance à aller de l’avant, à puiser au fond de moi pour y trouver le bien-être et la confiance en moi, … enfin ! »

2) Angèle

Au début de ma psychothérapie, je suis arrivée avec une idée précise sur ce que je voulais améliorer dans mon présent et finalement c’est d’abord mon passé que j’ai visité. Accepter de faire une psychothérapie c’est accepter de s’effondrer dans un cadre sécurisant. Je me suis approchée de plus en plus de mon être, mon essence : A chaque fois que j’ai essayé d’éviter la confrontation avec mes doutes en annulant une séance par exemple ou en arrivant en retard, Catherine me faisait comprendre que c’est moi-même que j’évitais ! Tout au long de cette quête, la même question revenait : « Vais-je parvenir à rebondir ? Comment reprendre le cours de ma vie ? »……… Certaines séances furent très éprouvantes…………… Puis mes mots se sont libérés, les souvenirs ont déferlés par « flash » conscients ou en rêves. J’ai accepté d’être faible, douloureuse, triste, en colère……… Puis j’ai vécu une « renaissance » : je me suis reconstruite, lentement et surement comme je le désirais, en acceptant de ne plus tout contrôler, de ne pas être parfaite, sans me mettre une pression constante. Aujourd’hui, non seulement j’existe mais aussi : JE SUIS. Mon intérieur correspond à mon enveloppe extérieure et je me plais comme je suis. Je sens de quoi je suis capable et je me sens en sécurité et en paix avec moi-même. Mes relations avec mes proches sont assainies ; J’ai fait les deuils nécessaires, ce qui me permet d’être présente émotionnellement auprès des autres, notamment mes enfants à qui je n’avais pas envie de transmettre mes blessures, traumatismes et non-dits……….. Avant ma psychothérapie, j’étais forte ; maintenant je suis forte et fragile, courageuse et sensible, prête à vivre tout ce qui m’attend. Même si les cicatrices restent, elles ne sont plus douloureuses. Je ne survole plus mon existence, je la vis, je la ressens dans mon corps, donc JE SUIS. …………. A la fin de ma psychothérapie, je sais que ma quête continue, que j’emmène à l’intérieur de moi un morceau de l’espace sécurisant que m’a offert Catherine pendant tout mon processus, je pourrais m’y ressourcer si nécessaire. Merci à vous Catherine ainsi qu’à Moi.

3) Aimée

Lorsque j’ai commencé ma thérapie, j’avais l’impression que rien ne collait dans ma vie et surtout pas mon couple. Je me sentais mal, en révolte, nulle, agressive, pas du tout dans cette fameuse « justesse » dont il allait si souvent être question. J’étais à côté de moi-même, je n’étais pas vraie. Dire si aujourd’hui je me sens parfaitement vraie et toujours à ma juste place et dans une action juste, serait présomptueux, mais j’ai parcouru un long chemin au centre de moi-même, j’ai découvert, en particulier au travers de mes rêves, que je faisais une véritable plongée dans des profondeurs insoupçonnées autant que révélatrices. Mes rêves m’ont révélé des parts de lumière mais d’ombre aussi, car les deux cohabitent. Ils m’ont en particulier pointé où j’en étais de mes relations avec ma mère, avec moi-même, mais avec les autres aussi, comment je me situais ou n’arrivais pas à me situer, où je lâchais et où je me crispais, ce que je fuyais, ce qui m’angoissait… Tout cependant n’est pas « rêve » dans la thérapie et ce n’est pas par les rêves que j’ai commencé. Le plus difficile pour moi a probablement été de SENTIR mon corps, tellement j’avais l’impression que je ne ressentais rien. SENTIR et RESPIRER (curieux, depuis toute petite, mon père m’avait dit que je ne savais pas respirer…) Même parfois, je me culpabilisais, ou en tout cas je me sentais très mal à l’aise de ne rien ressentir. Mais qu’est-ce que je pouvais bien sentir, bon sang ! Et pourquoi devais-je sentir quelque chose ? De quoi un fourmillement ou une crampe pouvaient-ils bien être révélateurs de quelque chose ? Et c’est là que je ne devais surtout pas m’accrocher au mental, sinon, patatras, l’expression spontanée était perdue. J’ai dû faire un sacré travail pour faire taire ma tête et c’est un travail toujours à recommencer. Mais l’angoisse du vide est là aussi parfois : si je ne pense plus, alors, panique, qu’est-ce que je suis, qu’est-ce que je deviens ? C’est si facile et rassurant finalement de se faire du cinéma dans la tête. Donc, retour au corps, à la sensation, aux émotions qui montent et ne demandent qu’à s’exprimer enfin ! : larmes, cris, coups de poing (dans le matelas.. !), accepter de dire ou de crier que j’aime ou que je hais, que j’en veux à mon père, à ma mère, à mon frère, l’exprimer de toutes mes forces, ne plus être la petite fille aimante, conditionnée à être bien sage et qui ne doit montrer qu’affection et obéissance… …Je me souviens qu’une fois j’ai utilisé l’image du cocon. C’est vraiment comme cela que je me sentais : enfermée, resserrée, mais avec la sensation d’une énergie qui saurait bien un jour me faire sortir hors du bien-être rassurant des fils de soie (toute la bobine de « soi » enroulée autour de « moi »…). Au cours de ma thérapie, j’ai tranché des liens et j’en ai noué de nouveaux, plus authentiques. J’ai tranché les uns parce qu’ils me pesaient et devenaient faux puisqu’ils ne me permettaient pas de m’exprimer en vérité. J’ai noué les autres parce qu’ils m’ouvraient à plus de latitude et de hauteur. J’ai également beaucoup découvert sur les autres et leurs souffrances en thérapie de groupe. Pendant un temps, j’ai eu tendance à me comparer en me disant : « Mais de quoi te plains-tu ? Si tu regardes les autres, tu ne peux pas dire que tu as souffert ! Pas de viol, pas d’abandon…juste un manque de tendresse, un père trop absent, une mère toujours fatiguée, énervée, sévère, une religion avant tout culpabilisante… ; rien d’extraordinaire en somme ! Alors pourquoi en souffres-tu autant ? » D’accord, ça, c’était la voix de ma mère toujours si dominante…où était ma voix (ou…ma voie ?) ? Petit à petit, je l’ai trouvée même si celle de ma mère revient, insistante, par moments ; mais je sais mieux la distinguer et la faire taire. J’ai réalisé que les souffrances n’ont pas à être comparées : je les ai vécues difficilement par le passé ; aujourd’hui je peux les apaiser. Personne, même pas la thérapeute ne me retirera ma souffrance, elle m’apprend à la regarder, et à sortir, le cas échéant, d’un engrenage qui pourrait m’y faire replonger. Et pour cela, les constellations familiales sont, parmi d’autres, un outil étonnant. Ma situation de souffrance se joue devant moi, des prises de position se font jour, des affirmations de moi, et « qui je suis » ou « qui je veux être » apparaît. Je ne peux plus être la même après qu’avant. Le cercle magique dans lequel j’étais enfermée est rompu. Ce n’est pas toujours aussi simple que de l’écrire ni aussi radical, mais en tout cas, les choses bougent et ma carapace de défense se fendille. Car il s’agit aussi de lâcher, et qu’est-il de plus difficile à lâcher que sa souffrance… Je n’oublie pas l’expérientiel qui m’a fait dire : « Je choisis ma vie ». Aujourd’hui, j’ajouterais même : « Je choisis LA VIE, tout ce qui est vivifiant, qui donne vie au corps, à l’âme, à l’esprit. » Du moins, c’est ce que je veux tendre à faire autant que possible, à chaque fois que j’en ai l’occasion. Beaucoup de choses ont changé en moi, qui ont parfois bousculé mon entourage, mais je suis fière d’avoir entrepris ce voyage avec l’accompagnement de ma thérapeute et la communion plus ponctuelle avec d’autres qui restent chers à mon cœur. Le voyage n’est jamais fini, je le continue, pas toujours comprise, mais sûre que le meilleur n’est pas derrière mais toujours devant ; sachant aussi que la souffrance attend parfois au détour d’un chemin mais qu’il y a toujours une main tendue à accepter. Ce n’est jamais un mur qu’il y a au bout d’un tunnel, mais toujours la lumière. Merci Catherine du fond du cœur qui s’est ouvert !

4) Baptiste, 17 ans

“Je suis venu en psychothérapie parce que j'avais un léger problème et que je n'arrivais pas à m'empêcher de penser à quelque chose. J'ai eu peur d'être un peu fou. Mais j'ai découvert que ce léger problème n'était qu'une façade et que beaucoup de noeuds étaient cachés derrière. En faisant cette thérapie, j'ai appris à me connaitre, à comprendre qui je suis, et j'ai compris que je n'étais pas fou du tout. J'avais simplement besoin d'apprendre à gérer ma sensibilité. La thérapie n'est pas pour les fous mais pour les gens normaux qui ont besoin d'un peu de conseils et d'aide! Mieux vaut y aller jeune que vieux lorsque ces noeuds auront grossi et pris une place plus importante!”